Comment reconnaître le bolet à beau pied
Le chapeau (6 à 15 cm) est gris blanchâtre à beige olivâtre, une teinte terne et un peu sale qui tranche avec les bruns chauds des bolets qu’on ramasse. Il est sec, mat, finement velouté, et il se crevasse souvent par temps sec.
Dessous, les pores sont jaune vif et ils bleuissent fortement et immédiatement au moindre contact. Le pied (6 à 12 cm) est trapu, jaune au sommet, et rouge carmin vif sur sa moitié inférieure. La chair est jaune pâle, elle bleuit à la coupe, et la sporée est brun olivâtre.
Le réseau du pied, le détail qui nomme l’espèce
Il faut regarder le pied de très près, si possible avec une loupe. Sa surface est couverte d’un réseau de mailles en relief, comme un filet de pêche appliqué sur le pied, jaune en haut et rouge vif en bas. C’est ce réseau, et non la simple couleur rouge, qui distingue l’espèce de plusieurs bolets voisins.
Le second caractère se goûte, et il ne présente aucun risque à condition de recracher : la chair est intensément amère, une amertume qui reste en bouche plusieurs minutes. Un seul exemplaire de cette espèce suffit à rendre une poêlée entière immangeable.
Les bolets avec lesquels on le confond
Le bolet amer a des pores blancs puis rose sale, jamais jaunes, et il ne bleuit pas. Le bolet blafard a des pores orange à rouges et un chapeau plus chaud, fauve à brique. Le bolet Satan a lui aussi des pores rouges, avec un chapeau blanc crème et une odeur désagréable de charogne chez l’adulte.
La règle simple qui protège des trois : pores jaunes plus pied rouge plus bleuissement fort, on repose. Le cèpe, lui, a des pores blancs puis jaune-vert, un pied clair à réseau blanc, et sa chair ne bleuit jamais.
Le bolet à beau pied pousse sous hêtres, chênes et conifères, sur sols acides, souvent en montagne, de juillet à octobre. Il n’est pas mortel, mais son amertume et les troubles digestifs qu’il provoque en font un champignon à laisser sur place.