Morchella spp.

Morille : champignon comestible, saison, habitat et identification

CritèreInformation
FamilleMorchellacées (ascomycètes)
ComestibilitéExcellent comestible, toxique crue, à cuire longuement
HabitatFrênes, ormes, vieux pommiers, ripisylves, sols calcaires remués
SaisonPrintemps, de mars à mai
Couleur principaleBlond à brun presque noir selon l’espèce
ParticularitéChapeau alvéolé en nid d’abeille, entièrement creux
Risque de confusionÉlevé, avec le gyromitre toxique et les verpes
OdeurAgréable, légèrement boisée
Morille entière au chapeau conique couvert d'alvéoles profondes en nid d'abeille, dans la litière d'une lisière de feuillus au printemps

Description du champignon Morille

La morille (Morchella spp.) est le premier grand comestible de l’année et l’un des plus recherchés. Elle ne ressemble à aucun autre champignon : son chapeau porte des alvéoles profondes en nid d’abeille, et l’ensemble du champignon, pied compris, est entièrement creux.

C’est un ascomycète, une famille à part qui produit ses spores dans de minuscules sacs plutôt que sur des lames. La France compte une douzaine d’espèces de morilles, du blond pâle au brun presque noir, toutes comestibles dans les mêmes conditions. Car il y a une condition, et elle n’est pas négociable : la morille est toxique crue, et elle le reste si la cuisson est trop courte.

Icone habitation des champignons

Habitat

La morille aime les sols remués et les terrains calcaires. On la trouve sous les frênes, les ormes et les vieux pommiers, dans les ripisylves au bord des rivières, sur les remblais, dans les vergers et les jardins laissés à l’abandon.

Elle apprécie aussi les zones qui ont brûlé l’année précédente, où elle peut sortir en abondance une saison puis disparaître. Un point compte plus que l’essence de l’arbre : le sol doit être riche, drainé, et avoir été perturbé.

Icone de saison des champignons

Saison

La morille sort au printemps, de mars à mai selon l’altitude et l’exposition. Elle démarre en plaine quand les pommiers fleurissent, et se poursuit en montagne jusqu’en juin. La fenêtre est courte : souvent trois à quatre semaines sur un même site.

Icone comestible des champignons

Comestibilité

✅ Excellent comestible, mais uniquement bien cuite et en quantité raisonnable.

Crue, la morille contient des substances qui détruisent les globules rouges. Une cuisson insuffisante suffit à provoquer troubles digestifs et malaises. L’ANSES recommande soit une ébullition de 15 minutes en jetant l’eau de cuisson, soit une cuisson à la poêle de 20 à 30 minutes.

Il existe un second risque, beaucoup moins connu : le syndrome cérébelleux des morilles. Il apparaît 11 à 12 heures après le repas, avec vertiges, troubles de l’équilibre et de la vision, et il peut survenir même avec des morilles correctement cuites lorsque la quantité dépasse environ 100 à 200 grammes de champignons frais par personne. Le séchage fait disparaître ce risque. Mieux vaut donc des portions modestes, ou des morilles séchées.

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Comment l’identifier facilement ?

La morille se reconnaît à trois critères qui doivent être réunis tous les trois. Le chapeau porte des alvéoles profondes et régulières, comme un nid d’abeille, et non des plis désordonnés. Le chapeau est soudé au pied sur toute sa base, sans jupe ni décrochement. Et surtout, coupée en deux dans le sens de la longueur, la morille est entièrement creuse, du sommet du chapeau jusqu’au bas du pied, sans aucune cloison ni chair pleine.

Ce test de la coupe est le seul qui tranche vraiment. Le gyromitre, toxique et parfois mortel, a un chapeau plissé comme une cervelle et un intérieur cloisonné. Les verpes, souvent appelées fausses morilles, ont un chapeau qui ne tient au pied que par son sommet et pend librement autour. Dans les deux cas, la coupe longitudinale règle la question en une seconde.

Morille entière au chapeau conique couvert d'alvéoles profondes en nid d'abeille, dans la litière d'une lisière de feuillus au printemps

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