Comment reconnaître l’amanite ovoïde
C’est une amanite massive et entièrement blanche. Le chapeau (8 à 25 cm) est blanc crème un peu ivoire, très charnu, d’abord en œuf serré puis étalé, à surface lisse et légèrement soyeuse. Sa marge est lisse, non striée, et elle porte souvent des lambeaux blancs cotonneux qui pendent, restes du voile.
Les lames sont blanc crème, libres, serrées. Le pied (8 à 15 cm) est épais, blanc, et sa base s’enfonce dans une volve épaisse, ample, entièrement blanche. La chair est blanche et compacte, l’odeur faible, un peu de savon, et la sporée est blanche.
L’anneau cotonneux, qui ne dure pas
Le voile de cette espèce est farineux et cotonneux, pas membraneux. Il ne forme pas un vrai collier net mais une zone floconneuse qui s’effrite, souvent réduite chez l’adulte à des flocons collés au haut du pied et à des lambeaux sur la marge du chapeau.
Ce caractère est le premier à vérifier, et il faut le faire sur un exemplaire jeune, avant que la pluie n’ait tout lessivé. Un anneau franchement membraneux, en jupe, avec un bord net et strié, ne correspond pas à l’amanite ovoïde, et cela change tout.
Le sosie qui envoie à l’hôpital
Il faut le dire sans détour : cette espèce a un sosie néphrotoxique, l’amanite à volve rousse, qui pousse aux mêmes endroits, à la même saison, et qui lui ressemble à s’y méprendre. Elle a causé des intoxications graves dans le sud de la France, avec insuffisance rénale et dialyse.
Un seul caractère les sépare de façon fiable, et il est enterré : la volve. Chez l’amanite ovoïde, elle est entièrement blanche. Chez l’amanite à volve rousse, son bord est teinté d’ocre roux à rouille, une couleur de rouille sur du linge blanc, parfois discrète mais presque toujours présente. Son anneau est en outre membraneux et persistant, avec un bord strié.
La conséquence pratique est simple et non négociable : on déterre chaque exemplaire en entier, on nettoie la volve, et on la regarde à la lumière. Un pied coupé au ras du sol laisse la volve dans la terre et rend la détermination impossible. La moindre trace rousse, le moindre doute, et on repose.
L’amanite ovoïde pousse dans le Midi méditerranéen, sous chênes verts, chênes-lièges et pins, sur sols calcaires, de la fin de l’été à l’automne. C’est un bon comestible reconnu, mais réservé à ceux qui savent lire une volve. Pour tous les autres, une amanite blanche reste un champignon qu’on ne ramasse pas.