Comment reconnaître l’amanite à volve rousse
Elle est presque identique à l’amanite ovoïde, et c’est tout le problème. Le chapeau (6 à 15 cm) est blanc crème, charnu, lisse, à marge non striée, généralement nu ou portant quelques rares lambeaux. Les lames sont blanches, libres, serrées.
Le pied (7 à 14 cm) est blanc, robuste, et il porte un anneau membraneux ample et persistant, en jupe, dont le bord est souvent finement strié. La chair est blanche, l’odeur faible et un peu désagréable, et la sporée est blanche.
La volve rousse, le seul caractère vraiment fiable
Il porte le nom de l’espèce parce qu’il est le seul à trancher. La base du pied est enfermée dans une volve épaisse en sac, et le bord libre de cette volve est teinté d’ocre roux à rouille, comme une tache de rouille sur du tissu blanc. La teinte est parfois pâle, parfois franche, mais elle est presque toujours là sur un exemplaire frais.
Elle s’observe seulement si on déterre le pied entier et qu’on le débarrasse de la terre. C’est la raison pour laquelle les intoxications liées à cette espèce concernent presque toujours des cueilleurs qui ont coupé au couteau au ras du sol.
Le second indice est l’anneau. Il est ici membraneux, net, persistant, alors que celui de l’amanite ovoïde est cotonneux et s’effrite. Deux indices valent mieux qu’un, mais aucun des deux ne dispense de regarder l’autre.
Pourquoi cette confusion est si grave
L’amanite à volve rousse ne contient pas les toxines de l’amanite phalloïde et n’attaque pas le foie. Elle attaque les reins. Les premiers symptômes sont digestifs et apparaissent en général huit à quatorze heures après le repas, ce qui laisse croire à une simple indigestion. L’atteinte rénale, elle, se déclare dans les jours qui suivent et peut imposer plusieurs semaines de dialyse.
Cette espèce a été identifiée tardivement, dans les années 1980, et plusieurs séries d’intoxications dans le sud de la France et en Espagne ont été attribuées à des cueillettes d’amanites blanches faites de bonne foi. Elle pousse exactement là où on cherche l’amanite ovoïde : sous chênes verts, chênes-lièges et pins, sur calcaire, en région méditerranéenne, de septembre à décembre.
La conclusion tient en une phrase. Devant une grande amanite blanche du Midi, si la volve n’est pas déterrée, nettoyée et vue nettement blanche, on ne ramasse pas. En cas d’ingestion suivie de troubles digestifs tardifs, il faut appeler le 15 ou le centre antipoison et signaler le repas de champignons, même si les symptômes semblent bénins.