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Le mousseron de la Saint-Georges est le grand comestible du printemps, attendu chaque année autour du 23 avril. L’entolome livide, lui, est l’un des champignons les plus toxiques de France — responsable de nombreuses intoxications collectives graves. Les deux sont blanchâtres, charnus, poussent dans l’herbe des lisières. La différence tient à un détail que le débutant regarde rarement : la couleur des lamelles à maturité.
| Critère | Mousseron de la Saint-Georges (comestible) | Entolome livide (TOXIQUE) |
|---|---|---|
| Lamelles | Blanches, restent blanches toute la vie | Blanches puis nettement ROSE SAUMON |
| Sporée | Blanche | Rose |
| Odeur | Forte, de farine fraîche | Farineuse puis rance, désagréable |
| Saison | Avril à juin | Août à octobre |
| Chapeau | Blanc crème à ivoire, marge enroulée | Gris-beige à brunâtre, plus terne |
| Habitat | Lisières, haies, prairies, cercles | Bois clairs, surtout sous chênes et hêtres |
Comment reconnaître le mousseron de la Saint-Georges

Charnu, trapu, blanc crème à ivoire, il pousse en groupes serrés et souvent en ronds de sorcière dans l’herbe des lisières, des haies et des talus. Sa chair est épaisse et ferme, et il dégage une odeur de farine fraîche très puissante — beaucoup le repèrent à l’odeur avant de le voir.
- Lamelles blanches, fines et très serrées, qui restent blanches jusqu’au bout
- Sporée blanche
- Marge du chapeau enroulée longtemps
- Pied blanc, court et trapu, plein
- Saison strictement printanière : avril à juin
C’est un excellent comestible, à la texture ferme, très recherché. Son autre nom est tricholome de la Saint-Georges (Calocybe gambosa).
Comment reconnaître l’entolome livide

L’entolome livide est également charnu et robuste, mais son chapeau est plus gris-beige à brunâtre, d’aspect terne et un peu soyeux. Il pousse dans les bois clairs de feuillus, surtout sous chênes et hêtres, souvent en groupes. Son odeur farineuse tourne au rance désagréable avec l’âge.
- Lamelles blanches chez le jeune, puis franchement rose saumon à maturité
- Sporée rose — le caractère du genre Entoloma
- Pied blanchâtre robuste, souvent courbé
- Chair blanche, à odeur farineuse puis rance
- Saison estivale et automnale : août à octobre
Il provoque un syndrome résinoïdien sévère : vomissements violents et prolongés, diarrhées, déshydratation, dans les 30 minutes à 3 heures. Ce n’est pas mortel dans la majorité des cas, mais les hospitalisations sont fréquentes et les formes graves existent chez les personnes fragiles.
Le test décisif : regarder les lamelles vieillir
Chez le jeune entolome, les lamelles sont blanches — c’est là que se joue le piège. Il faut donc soit observer un exemplaire mature du même groupe, soit faire une sporée.
Posez un chapeau ouvert sur une feuille blanche pendant 3 à 6 heures, recouvert d’un verre. Le mousseron donne une empreinte blanche, invisible sur du blanc — utilisez alors du papier sombre pour la voir. L’entolome donne une empreinte nettement rose, impossible à confondre.
Retenez la logique : lamelles ou sporée roses = entolome = on ne mange pas. Cette règle vaut pour tout le genre, qui ne contient aucun comestible recommandable.
La saison, un garde-fou précieux
C’est l’un des rares cas où le calendrier aide vraiment. Le mousseron sort d’avril à juin, l’entolome livide d’août à octobre. Le chevauchement est minime.
Mais attention à ne pas s’endormir dessus : les saisons se décalent avec le climat, et d’autres entolomes printaniers existent. La saison est un indice de confort, jamais une preuve. Le critère des lamelles reste obligatoire.
Les erreurs à éviter
- Se fier à l’odeur de farine seule. Les deux espèces sentent la farine — c’est même ce qui trompe le plus.
- Juger sur un seul exemplaire jeune à lamelles encore blanches.
- Confondre avec le clitopile petit-prune, également farineux, dont les lamelles rosissent aussi mais qui est décurrent et bien plus mince.
- Négliger les clitocybes blancs toxiques qui poussent dans les mêmes prairies.
- Ramasser en groupe sans trier. Un entolome dans un panier de mousserons gâche tout le repas.
Où les trouver ?
- Mousseron de la Saint-Georges : lisières, haies, talus herbeux, vergers et prairies, souvent en ronds de sorcière, sur sols calcaires, d’avril à juin.
- Entolome livide : bois clairs de feuillus, sous chênes et hêtres, sur sols argileux ou calcaires, d’août à octobre.
L’astuce simple pour ne pas se tromper
Lamelles qui restent blanches + printemps + lisière herbeuse = mousseron, comestible.
Lamelles qui virent au rose saumon + fin d’été + sous-bois = entolome livide, toxique.
Peut-on manger l’entolome livide ?
Non, en aucun cas. Aucune cuisson, aucun trempage, aucun séchage ne neutralise ses toxines. Il est à l’origine d’intoxications collectives régulières, notamment lors de repas de famille où une seule personne a cueilli.
📞 En cas d’ingestion, appelez le 15 ou le centre antipoison. Les vomissements sont violents et la déshydratation peut nécessiter une perfusion, en particulier chez l’enfant et la personne âgée. Conservez un reste du plat ou une photo.
FAQ rapide
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Par les lamelles : blanches toute la vie chez le mousseron, virant au rose saumon chez l’entolome. Sa sporée est rose, celle du mousseron est blanche.
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Oui, et c’est le principal piège. L’odeur farineuse ne permet pas de les séparer ; celle de l’entolome tourne au rance en vieillissant.
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Elle aide beaucoup — printemps contre fin d’été — mais ce n’est pas une preuve. Le critère des lamelles reste obligatoire.
Mousseron et entolome livide sont tous deux charnus, blanchâtres et farineux. Le seul critère fiable est la couleur des lamelles à maturité : blanches pour le comestible, rose saumon pour le toxique. Dans le doute, faites une sporée : blanche contre rose.