Tricholoma pardinum

Tricholome tigré : reconnaître ce champignon toxique en hêtraie

CritèreInformation
FamilleTricholomatacées
Comestibilité❌ Toxique (non comestible)
HabitatHêtraies et forêts mêlées sur sol calcaire, surtout en montagne
SaisonD’août à novembre
Couleur principaleGris argenté couvert d’écailles gris brun
ParticularitéÉcailles disposées en cercles concentriques sur le chapeau
Risque de confusionÉlevé, avec le tricholome terreux dit petit gris
OdeurNette odeur de farine fraîche
Deux tricholomes tigrés dans la litière d’une hêtraie de montagne

Description du champignon Tricholome tigré

Le tricholome tigré (Tricholoma pardinum) est le champignon toxique le plus redouté des ramasseurs de petits gris. C’est un gros tricholome trapu, au chapeau gris argenté de 6 à 15 cm, dont toute la surface se craquelle en écailles gris brun rangées en cercles concentriques, comme une peau de léopard. Ses lames sont épaisses, blanches à crème et bien espacées, son pied est solide, blanc, épaissi vers la base, sans anneau ni volve, et sa chair dégage une franche odeur de farine. Rien de repoussant : il sent bon, il est beau, et c’est précisément ce qui le rend dangereux. Il provoque des gastro-entérites violentes qui ont longtemps représenté une part énorme des intoxications recensées dans les régions de montagne.

Icone habitation des champignons

Habitat

Le tricholome tigré pousse sous les hêtres, souvent mêlés de sapins ou d’épicéas, et presque toujours sur sol calcaire. C’est une espèce de moyenne et haute montagne : Alpes, Jura, Vosges, Massif central, Pyrénées et arrière-pays méditerranéen. Il apparaît en troupes ou en ronds sur les pelouses forestières claires et les lisières, rarement isolé.

Icone de saison des champignons

Saison

Il fructifie d’août à novembre, avec un pic en septembre et octobre, exactement quand les cueilleurs montent chercher les petits gris. Les premières gelées mettent fin à la poussée.

Icone comestible des champignons

Comestibilité

❌ Toxique (non comestible).

Le tricholome tigré provoque un syndrome gastro-intestinal sévère. Les troubles arrivent vite, en général entre un quart d’heure et deux heures après le repas : nausées, vomissements répétés, diarrhée abondante, douleurs de ventre et vertiges. Ils durent plusieurs heures et la déshydratation peut être sérieuse, surtout chez un enfant ou une personne âgée ; la récupération demande souvent quatre à six jours. La toxine responsable n’a toujours pas été identifiée, et la cuisson ne protège pas. En Suisse, dans la première moitié du vingtième siècle, cette seule espèce a représenté plus d’un cinquième des intoxications par champignons. Un chapeau gris à écailles en cercles, plus large que la paume de la main, n’a rien à faire dans un panier.

Confusions Possible :

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Comment reconnaître le tricholome tigré

Le chapeau mesure 6 à 15 cm, parfois 20 sur les vieux exemplaires. Hémisphérique puis étalé, il garde souvent un large mamelon mou. Le fond est gris argenté à gris pâle, et il se déchire en écailles plates gris brun à noirâtres rangées en cercles concentriques, plus serrées et plus sombres au centre, plus lâches vers la marge. La marge reste longtemps enroulée et n’est jamais striée.

Les lames sont épaisses, blanches à crème, parfois teintées de jaune verdâtre en vieillissant, assez espacées et échancrées près du pied. Sur les exemplaires jeunes et humides, elles laissent perler de petites gouttes claires. Le pied fait 3 à 12 cm de haut pour 1,5 à 3 cm d’épaisseur, blanc à brun pâle, massif et épaissi en massue vers la base, fibreux, sans anneau et sans volve ; il se tache de jaune sale quand on le frotte. La chair est ferme, blanche et épaisse, à odeur et saveur de farine fraîche. La sporée est blanche.

Le détail qui tranche : la taille et les écailles

Deux choses suffisent à écarter le tricholome tigré du panier, et elles se jugent sans loupe. La première est la taille : un tricholome gris dont le chapeau dépasse nettement 8 cm et dont le pied est gros comme un pouce n’est pas un petit gris. Le tricholome terreux, lui, plafonne autour de 4 à 6 cm avec un pied grêle.

La seconde est la texture du chapeau. Passez la pulpe du doigt dessus. Chez le terreux, la surface est sèche, soyeuse, parcourue de fibrilles fines qui rayonnent du centre vers le bord, sans relief. Chez le tigré, le doigt sent de vraies écailles en relief, posées en cercles, qu’on peut soulever à l’ongle. Ajoutez la chair : épaisse, blanche et farineuse chez le tigré, mince et presque sans odeur chez le terreux.

Les confusions possibles

La confusion qui compte est celle avec le tricholome terreux, le petit gris ramassé par paniers entiers dans les mêmes bois : c’est elle qui remplit les services d’urgence à l’automne, et elle mérite un face-à-face détaillé. Le tricholome portant et le tricholome argyracé, également gris, sont plus petits et n’ont pas ces écailles en cercles nettes. Le tricholome prétentieux, gris lui aussi, a un chapeau visqueux par temps humide et des reflets jaunes, sans écailles en relief. Enfin le tricholome équestre, jaune et non gris, est un cas à part : il n’est plus recommandé à la consommation pour de tout autres raisons.

Quatre vues du tricholome tigré : le champignon entier, le chapeau et ses écailles en cercles, les lames blanches épaisses, la base massive du pied

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