Comment reconnaître le clitocybe inversé
Le chapeau (4 à 10 cm) est roux orangé à fauve, uniforme, lisse, et creusé en entonnoir profond chez l’adulte, au point que l’eau de pluie y stagne. Sa marge reste longtemps enroulée et devient onduleuse avec l’âge.
Les lames sont très décurrentes : elles descendent franchement sur le pied, serrées, fines, crème puis ocre rosé, et elles se détachent facilement de la chair quand on les gratte du pouce. Le pied (3 à 6 cm) est court, fauve pâle, élastique, avec un feutrage blanc à la base qui retient les aiguilles. La sporée est blanc crème.
Il pousse en troupes, jamais seul
C’est un caractère de terrain plus utile que bien des détails de morphologie. Le clitocybe inversé fructifie en troupes denses, en lignes ou en ronds de sorcière, parfois sur plusieurs mètres, dans la litière d’aiguilles sous conifères. Trouver un exemplaire isolé de cette espèce est rare.
Sa saison est tardive, d’octobre à décembre, et il résiste bien aux premières gelées. C’est souvent l’un des derniers champignons charnus visibles dans les plantations d’épicéas et de pins.
Ses voisins, et le vrai danger du genre
Le clitocybe géotrope lui ressemble beaucoup mais il est nettement plus grand, jusqu’à 20 cm, avec un mamelon au centre de l’entonnoir et un pied long et fusiforme. Le paxille enroulé, qui pousse dans les mêmes bois, a des lames qui se détachent en bloc et brunissent au toucher, et il est mortel par accumulation.
Il faut surtout garder en tête que le genre des clitocybes contient des espèces dangereuses. Les petits clitocybes entièrement blancs des prairies et des pelouses, larges de 2 à 5 cm, contiennent de la muscarine et provoquent des intoxications sévères. La règle est nette : on ne ramasse aucun petit champignon blanc à lames décurrentes poussant dans l’herbe.
Le clitocybe inversé est comestible mais médiocre : sa chair est coriace, un peu amère chez les vieux exemplaires, et elle demande une cuisson longue. Il ne mérite le panier que jeune et en petite quantité.