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Girolle vs pleurote de l’olivier : plis ou lames, la différence qui compte

Girolles (Cantharellus cibarius) jaune d'oeuf avec leurs plis épais et fourchus

La girolle est sans doute le champignon le plus recherché de France. Sa couleur jaune d’œuf attire l’œil de loin, et c’est justement ce réflexe qui pose problème : d’autres espèces orangées jouent sur la même corde. Le pleurote de l’olivier, appelé aussi clitocybe de l’olivier, est l’une des plus trompeuses, et l’une des rares à provoquer chaque année des intoxications sérieuses dans le Sud de la France. Deux critères suffisent à l’écarter, et le premier ne demande même pas de toucher le champignon.

CritèreGirolle (comestible)Pleurote de l’olivier (toxique)
SupportToujours au sol, isolée ou en troupesToujours sur du bois, en touffes serrées
Dessous du chapeauPlis épais et fourchus, décurrentsVraies lames minces, serrées, tranchantes
CouleurJaune d’œuf uniformeOrange vif à orange rougeâtre
ChairBlanche, fibreuse, se déchire en lanièresOrangée jusqu’au cœur
OdeurFruitée, d’abricotForte, désagréable

Comment reconnaître la girolle

La girolle est jaune d’œuf uniforme, du chapeau jusqu’au pied, sans nuance rougeâtre. Son chapeau, de 3 à 10 cm, est creusé en entonnoir avec des bords ondulés et irréguliers, comme une collerette froissée.

Le critère fondamental se trouve dessous : elle n’a pas de lames mais des plis. Ce sont des bourrelets épais, arrondis, souvent fourchus, qui descendent nettement le long du pied et que l’on ne peut pas détacher à l’ongle. Ils font corps avec la chair. Une lame véritable, elle, est mince comme une feuille de papier et se sépare facilement.

Sa chair est blanche à l’intérieur, ferme, et se déchire en lanières dans le sens de la longueur, comme du blanc de poulet. Froissée, elle dégage une odeur fruitée d’abricot très nette. Enfin, la girolle sort toujours du sol : elle vit en symbiose avec les racines des arbres et ne pousse jamais sur du bois.

Comment reconnaître le pleurote de l’olivier

Le pleurote de l’olivier forme des touffes denses et spectaculaires, parfois de plusieurs kilos, sur les souches et le pied des troncs d’oliviers, de chênes verts, de châtaigniers et d’autres feuillus. Cette position sur le bois est déjà rédhibitoire : elle exclut la girolle sans autre examen.

Sa couleur est un orange vif à orange rougeâtre, plus saturé et plus chaud que le jaune de la girolle. Dessous, il possède de vraies lames : minces, serrées, tranchantes, décurrentes et de la même couleur orange. Elles se détachent nettement à l’ongle.

Sa chair est orangée jusqu’au cœur, alors que celle de la girolle reste blanche. Détail remarquable, ses lames sont faiblement luminescentes : dans l’obscurité totale, après quelques minutes d’accoutumance, elles émettent une lueur verdâtre à peine perceptible.

Plis ou lames : le test

Passez le doigt ou l’ongle sous le chapeau. Si vous sentez des bourrelets épais et arrondis, soudés à la chair, impossibles à détacher, ce sont des plis : girolle. Si vous rencontrez des lames fines et coupantes qui se séparent facilement, ce sont des lames : ce n’est pas une girolle.

Doublez ce test par la coupe : chair blanche pour la girolle, chair orange pour le pleurote de l’olivier. Deux vérifications de trois secondes, et la question est réglée.

Les erreurs à éviter

La première est de juger sur la couleur. Une girolle sèche ou vieillie fonce, un pleurote de l’olivier délavé pâlit : sur photo, les deux se rapprochent beaucoup.

La deuxième est de ne pas regarder le support. Une touffe orange à la base d’un tronc, même si elle semble sortir de terre, pousse sur des racines enterrées : c’est du bois. La girolle, elle, est disséminée dans la mousse.

La troisième est de confondre avec la fausse girolle, qui n’est pas dangereuse mais insipide, plus orangée et pourvue de vraies lames fines et serrées. Elle mérite d’être connue, ne serait-ce que pour ne pas gâcher une poêlée.

Où les trouve-t-on ?

La girolle pousse de juin à octobre dans la mousse et les myrtilliers, sous hêtres, chênes, châtaigniers et épicéas, sur sols plutôt acides, souvent en troupes fidèles au même coin d’une année sur l’autre.

Le pleurote de l’olivier est méditerranéen et thermophile : oliveraies, chênaies vertes, parcs et jardins du Sud, de la fin de l’été à l’automne, parfois plus au nord sur les vieilles souches de feuillus.

L’astuce à retenir

Au sol, plis fourchus, chair blanche, odeur d’abricot : girolle.

En touffe sur du bois, vraies lames, chair orange : on laisse.

Que risque-t-on ?

Le pleurote de l’olivier provoque un syndrome digestif intense, qui débute une à trois heures après le repas : vomissements violents et répétés, douleurs abdominales fortes, diarrhées et parfois sueurs abondantes. Les symptômes durent souvent plus longtemps que dans la plupart des intoxications digestives, et la déshydratation justifie fréquemment un passage aux urgences.

Ce n’est pas une espèce mortelle, mais elle figure régulièrement en tête des intoxications recensées dans le Sud de la France, précisément à cause de sa ressemblance avec la girolle et de son abondance spectaculaire. En cas d’ingestion, appelez le 15 ou un centre antipoison et conservez un exemplaire.

FAQ rapide

  • Non, mais il provoque des troubles digestifs violents et prolongés qui conduisent souvent aux urgences.
  • Jamais. Elle sort toujours du sol, dans la mousse ou la litière, en symbiose avec un arbre.
  • Oui, ses lames sont faiblement luminescentes dans l’obscurité complète, un phénomène discret mais réel.

La règle vaut pour tout champignon orange : on regarde d’abord où il pousse. Une touffe orange sur une souche n’est jamais une girolle. Et sous le chapeau, des lames minces en lame de couteau excluent définitivement la girolle.