Verpa bohemica

Verpe de Bohême : ce sosie de la morille qu’il vaut mieux laisser sur place

CritèreInformation
FamilleMorchellacées
ComestibilitéÀ considérer comme toxique
HabitatTaillis frais et humides, sous frênes, ormes, noisetiers et peupliers
SaisonDe fin février à avril, avant les morilles
Couleur principaleChapeau fauve à brun jaune, pied blanc crème
ParticularitéChapeau libre, posé sur le pied comme un dé à coudre
Risque de confusionÉlevé, avec les morilles et le morillon
OdeurFaible et fongique au début, spermatique avec l’âge
Verpe de Bohême entière dans la litière d’un taillis au début du printemps

Description du champignon Verpe de Bohême

La verpe de Bohême (Verpa bohemica, longtemps nommée Ptychoverpa bohemica) est l’un des tout premiers champignons à sortir, parfois dès la fin février, plusieurs semaines avant les morilles. Son petit chapeau conique fauve est posé sur le pied comme un dé à coudre sur un doigt : il n’est soudé qu’au sommet et sa marge pend librement, alors que celle d’une morille est soudée au pied sur tout son pourtour. Sa surface ne porte pas d’alvéoles en nid d’abeille mais de grosses côtes verticales ondulées qui descendent du sommet vers le bord. Le pied, blanc crème et marqué de fines zébrures farineuses, est long, fragile et creux. Sur les marchés, elle est encore vendue comme morille, ce qui explique l’essentiel des ennuis qu’elle cause. ChampiWiki la classe comme toxique : crue elle rend malade, et même cuite elle provoque chez certains cueilleurs des troubles digestifs et des pertes de coordination.

Icone habitation des champignons

Habitat

La verpe de Bohême aime les taillis frais et lumineux des bords de rivière, sur sols sableux ou limoneux qui restent humides au sortir de l’hiver. On la trouve sous frênes, ormes, noisetiers et peupliers, souvent dans la litière de feuilles tassée par la neige fondue. Elle est surtout signalée en moyenne montagne et dans l’est de la France, et reste rare en plaine, où elle se raréfie encore.

Icone de saison des champignons

Saison

C’est un champignon de tout début de printemps : elle sort de fin février à avril selon l’altitude, et disparaît souvent quand les premières morilles apparaissent. Une poussée douce après un redoux pluvieux est le meilleur moment pour l’observer.

Icone comestible des champignons

Comestibilité

⚠️ À considérer comme toxique.

La verpe de Bohême est mangée depuis longtemps dans certaines régions, mais la littérature récente a changé de ton et ChampiWiki suit la règle de prudence. Elle est franchement toxique crue, et les analyses y ont trouvé de la gyromitrine, la molécule du gyromitre. Des intoxications sérieuses ont été décrites chez des personnes sensibles ou après des repas répétés : troubles digestifs, puis une perte d’équilibre et de coordination qui peut durer plusieurs heures. La sensibilité varie beaucoup d’une personne à l’autre, sans qu’on sache prévoir qui réagira. Ajoutez que l’espèce se raréfie et qu’elle perd tout goût une fois longuement bouillie, et l’équation devient simple : photographiez-la, laissez-la pousser.

Confusions Possible :

Apprenez à les reconnaître, un mois après l’autre

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Comment reconnaître la verpe de Bohême

Le chapeau mesure 2 à 5 cm de haut pour 2 à 4 cm de large. Conique à campanulé, de couleur fauve, brun jaune ou ocre, il est parcouru de côtes épaisses et sinueuses orientées dans le sens de la hauteur, du sommet vers le bord, sans les cloisons transversales qui forment les alvéoles d’une morille. Sa face interne, tournée vers le pied, est lisse et blanc jaunâtre. La marge est libre, ondulée, souvent un peu retroussée.

Le pied est long, souvent 8 à 15 cm et parfois jusqu’à 20, cylindrique, blanc crème, orné de fines zébrures floconneuses. D’abord farci d’une bourre cotonneuse, il devient creux en vieillissant et se casse net sous les doigts. La chair est mince, cassante, d’une texture qui rappelle la cire d’abeille. L’odeur est faible et fongique sur les exemplaires jeunes, puis devient nettement spermatique. La sporée est jaune, détail rarement utile sur le terrain mais qui sépare le genre des morilles à sporée crème.

Le détail qui tranche : un chapeau posé, pas soudé

Tout tient dans un geste de deux secondes. Prenez le champignon par le pied et passez un doigt sous le bord du chapeau. Chez la verpe de Bohême, le doigt glisse dans un vide : le chapeau n’est accroché qu’à la pointe du pied et pend tout autour comme un dé à coudre. Chez une morille, le doigt bute aussitôt, parce que le bas du chapeau est soudé au pied sur tout son pourtour.

Le second repère est la surface. Une morille porte un réseau d’alvéoles fermées, comme un nid d’abeille un peu bosselé. La verpe ne porte que des côtes qui descendent, parallèles, parfois fourchues, jamais refermées en cases. Coupez enfin le champignon en deux dans la hauteur : le pied est creux chez les deux, mais chez la verpe la cavité remonte librement jusque sous le sommet du chapeau, sans cloison.

Schéma comparant le chapeau soudé et alvéolé de la morille au chapeau libre et côtelé de la verpe de Bohême
À gauche la morille, chapeau soudé au pied et surface en nid d’abeille. À droite la verpe, chapeau libre et grosses côtes verticales.

Les confusions possibles

La confusion quotidienne est celle avec les morilles, et avec le morillon, la morille semi-libre, dont le chapeau n’est soudé que sur sa moitié basse : c’est le cas intermédiaire, et le test du doigt reste le bon arbitre, car le morillon retient encore le doigt sur une partie de sa marge. La confusion grave est celle avec le gyromitre, qui sort à la même saison, dont le chapeau ressemble à une cervelle brune et dont la chair est cloisonnée au lieu d’être creuse. Celui-là reste dangereux après cuisson et a causé des décès. Un dernier sosie, sans gravité, est la verpe conique, plus petite, dont le chapeau est lisse ou seulement ridé au lieu de porter de franches côtes.

Quatre vues de la verpe de Bohême : le champignon entier, le chapeau et ses côtes verticales, le chapeau libre vu de dessous, le pied creux dégagé

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