Comment reconnaître la pézize veinée
Elle n’a ni chapeau ni pied au sens habituel. C’est une coupe large de 5 à 15 cm, d’abord fermée en bol puis étalée en assiette aux bords déchirés et relevés, posée presque à même le sol.
La face intérieure, celle qui produit les spores, est brun ocre à brun foncé et surtout parcourue de veines saillantes et de plis rayonnants qui convergent vers le centre, comme les nervures d’une feuille. La face extérieure est blanchâtre à crème, finement granuleuse. La chair est mince et cassante, et la sporée est blanc crème.
L’odeur de chlore, la signature de l’espèce
C’est le caractère qui règle l’identification, et il ne trompe pas. Une pézize veinée fraîche, cassée et sentie de près, dégage une odeur nette d’eau de Javel. Elle est parfois faible sur le terrain par temps froid, mais elle devient évidente dès qu’on met la récolte dans un sac fermé quelques minutes.
Aucune des autres grandes pézizes brunes de nos sous-bois ne sent le chlore. C’est donc un test simple, gratuit, et bien plus fiable que la couleur, qui varie beaucoup avec l’humidité.
Les voisines, et le vrai danger du printemps
Elle sort en mars et avril, sur sols riches et humides, le long des rivières, dans les peupleraies et les bords de chemins argileux, c’est-à-dire exactement au moment et aux endroits où on cherche les morilles. Beaucoup de cueilleurs la trouvent en pensant avoir raté une morille, alors qu’elle indique souvent un bon terrain.
La confusion à ne pas faire est celle avec le gyromitre, qui pousse à la même saison. Lui n’a pas la forme d’une coupe : son chapeau brun rouge est replié en circonvolutions pleines, comme une cervelle, et il est monté sur un pied épais et chambré. Il a causé des intoxications mortelles, y compris après cuisson.
Un point à ne pas négliger : la pézize veinée est toxique crue. Elle contient des substances thermolabiles qui provoquent des troubles digestifs sérieux, et qui ne disparaissent qu’à la cuisson prolongée. On ne la goûte donc jamais sur le terrain.