Cortinaire très joli : un mortel qui frappe des semaines plus tard
Critère
Information
Famille
Cortinariacées
Comestibilité
☠️ Mortel, atteinte rénale irréversible
Habitat
Forêts de conifères humides, sphaignes, myrtilliers, en montagne
Saison
Fin d’été et automne, d’août à octobre
Couleur principale
Roux orangé à brun cannelle
Particularité
Cortine en toile d’araignée entre le chapeau et le pied
Risque de confusion
Élevé, avec les chanterelles et les cortinaires comestibles
Odeur
Faible, un peu de radis
Description du champignon Cortinaire très joli
Le cortinaire très joli (Cortinarius rubellus) porte un nom qui ne prévient de rien. C’est l’un des champignons les plus dangereux d’Europe, et sa dangerosité tient moins à sa toxine qu’à son délai d’action.
Il contient de l’orellanine, qui détruit les reins. Les premiers signes n’apparaissent pas avant 3 à 20 jours, quand plus personne ne fait le lien avec un repas de champignons. Deux à dix chapeaux frais suffisent à provoquer des lésions rénales irréversibles chez un adulte.
Habitat
Il pousse dans les forêts de conifères humides, épicéas et pins, souvent au milieu des sphaignes et des myrtilliers, en moyenne et haute montagne. Les Vosges, le Jura, les Alpes et le Massif central le connaissent bien.
Il apprécie les sols acides et gorgés d’eau, exactement les milieux où l’on cherche chanterelles et pieds de mouton.
Saison
De août à octobre, avec un pic en septembre. Il sort en même temps que les comestibles d’automne, ce qui explique une bonne partie des accidents.
Comestibilité
☠️ Mortel. Ne jamais consommer, ne jamais goûter.
L’orellanine attaque les reins. Le poison est indétectable au goût, résiste à la cuisson, au séchage et à la congélation. Deux à dix chapeaux frais suffisent à provoquer des lésions irréversibles chez un adulte.
La chronologie est ce qui rend cette intoxication si redoutable. Rien pendant plusieurs jours, puis une soif intense, une bouche sèche et des urines abondantes, entre le troisième et le vingtième jour. Vient ensuite l’insuffisance rénale aiguë. Elle devient chronique dans la moitié des cas, et les deux tiers des patients atteints finissent en dialyse ou en attente de greffe.
Si vous avez mangé un cortinaire, même sans symptôme, appelez le 15 immédiatement. Le délai n’est pas un signe de sécurité, c’est le piège.
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Comment reconnaître le cortinaire très joli
Le chapeau (3 à 8 cm) est roux orangé à brun cannelle, d’abord conique, puis étalé en gardant un mamelon pointu bien marqué au centre. Sa surface est sèche, mate, finement feutrée de fibrilles radiales plus claires. Il ne colle jamais aux doigts, même par temps humide.
Les lames sont épaisses, espacées, échancrées, d’un ocre roux au début, puis franchement rouille à mesure que les spores mûrissent. Le pied (5 à 12 cm) est élancé, un peu renflé vers le bas, jaunâtre à ocre, et il porte souvent des bandes jaunes disposées en écharpe, restes du voile. La chair est ocre pâle, l’odeur faible, un peu de radis, et la sporée est rouille.
Le piège du cortinaire très joli tient dans ce vide : entre le repas et les premiers signes, il peut s’écouler trois semaines.
La cortine, le caractère qui doit arrêter la cueillette
Chez le jeune exemplaire, un voile de fils très fins, comme une toile d’araignée, relie le bord du chapeau au pied. C’est la cortine, elle donne son nom au genre. En vieillissant elle se déchire et disparaît, mais les spores qui tombent la colorent au passage et laissent sur le haut du pied une zone teintée de rouille, parfois réduite à quelques traces.
La règle est simple et elle ne souffre aucune exception sur le terrain : lames rouille plus cortine, on repose. Le genre compte plusieurs centaines d’espèces en France, quelques-unes sont mortelles, et aucune ne se distingue à coup sûr sans microscope.
Ce qui le distingue des espèces qu’on ramasse
La confusion la plus fréquente se fait avec la girolle, à cause de la couleur orangée. Mais la girolle n’a pas de lames : elle porte des plis épais et fourchus qui descendent sur le pied, sa chair est blanche et fibreuse, et elle sent l’abricot. Le cortinaire très joli a de vraies lames, une chair ocre et aucune odeur fruitée.
Il pousse en montagne, dans les forêts de conifères humides, au milieu des sphaignes et des myrtilliers, d’août à octobre. C’est exactement le terrain des cueilleurs de myrtilles et de chanterelles, ce qui explique la plupart des accidents. Le poison, l’orellanine, ne donne aucun symptôme pendant deux à trois semaines, puis attaque les reins de façon irréversible.
Oui. Il contient de l’orellanine, qui détruit les reins. Deux à dix chapeaux frais suffisent à causer des lésions irréversibles chez un adulte.
Entre 3 et 20 jours après le repas. Ce délai très long est justement ce qui rend l’intoxication si dangereuse : personne ne fait le lien.
Non. L’orellanine résiste à la cuisson, au séchage et à la congélation.
À la cortine, ce voile de fils fins comme une toile d’araignée qui relie le chapeau au pied chez le jeune, et aux lames couleur rouille.
Appelez le 15 immédiatement, même sans aucun symptôme. L’absence de signes les premiers jours ne veut rien dire.
Avec les chanterelles et les girolles à cause de sa couleur orangée, et avec les cortinaires comestibles, ce qui est la raison pour laquelle on écarte tout le genre.