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Un dépôt blanc apparaît en bas d’un mur de cave, ou derrière une plinthe. La question tombe immédiatement : est-ce du salpêtre, ennuyeux mais bénin, ou de la mérule, qui se compte en milliers d’euros ?
La bonne nouvelle, c’est que les deux ne se ressemblent que de loin. Trois minutes d’observation attentive suffisent presque toujours à trancher.
Pourquoi la confusion existe
Les deux sont blancs, les deux apparaissent sur des murs humides, les deux reviennent après nettoyage, et les deux signalent un problème d’eau. Vus de trois mètres, dans une cave mal éclairée, ils se ressemblent.
Mais ce sont deux phénomènes de nature totalement différente. Le salpêtre est un dépôt de sels minéraux, un résidu chimique, aussi vivant qu’une trace de calcaire au fond d’une bouilloire. La mérule est un être vivant, un champignon qui digère le bois de votre maison pour se nourrir.
Le tableau qui tranche

| Critère | Salpêtre | Mérule |
|---|---|---|
| Nature | Sels minéraux cristallisés | Champignon lignivore vivant |
| Aspect | Poudre, duvet d’aiguilles fines, croûte | Ouate cotonneuse, puis cordons gris |
| Au toucher | Sec, crisse, s’effrite en poudre | Souple, élastique, filamenteux |
| Odeur | Aucune | Champignon et cave, marquée |
| Emplacement | Bande horizontale en bas des murs | N’importe où, y compris en hauteur |
| Support | Maçonnerie enterrée, enduit, pierre | Bois surtout, mais traverse plâtre et maçonnerie |
| Effet sur le bois | Aucun | Le détruit en cubes |
| Stade avancé | Enduit qui cloque et se pulvérise | Plaque brun rouille ondulée bordée de blanc |
| Gravité | Humidité et esthétique | Structurelle |
Le salpêtre en détail
L’eau du sol remonte par capillarité dans un mur enterré ou mal drainé. En chemin elle dissout les sels contenus dans la maçonnerie et le terrain, nitrates et sulfates principalement. Arrivée en surface, elle s’évapore et abandonne les sels, qui cristallisent.
Le résultat est une efflorescence : une poudre blanche, parfois de fines aiguilles duveteuses, parfois une croûte dure. Elle crisse sous l’ongle et se réduit en poussière entre les doigts. Elle est sèche même quand le mur est humide.
Signe très caractéristique, elle dessine une bande horizontale qui marque la hauteur atteinte par la remontée capillaire, souvent entre 30 cm et 1,50 m du sol. Au dessus, le mur est propre. La mérule ne respecte aucune ligne de ce genre.
Le salpêtre n’attaque pas le bois. Il fait cloquer les peintures et pulvériser les enduits, et il signale une humidité de fond à traiter, mais votre plancher n’est pas en jeu.
La mérule en détail
La mérule pleureuse (Serpula lacrymans) commence par un feutrage blanc cotonneux, d’aspect ouaté, parfois teinté de jaune ou de lilas sur les bords. C’est ce stade qui se confond avec le salpêtre, et c’est le seul.
Ensuite apparaissent les cordons gris, épais comme des lacets de chaussure, ramifiés, souples. Ils n’ont aucun équivalent chez le salpêtre et ils sont la signature de l’espèce : ils permettent au champignon de traverser une maçonnerie sèche pour atteindre du bois situé plusieurs mètres plus loin.
Au stade final, une plaque brun rouille ondulée, molle, bordée d’un liseré blanc franc, qui libère une poussière brune de spores. Reconnaître la mérule détaille les cinq signes et les quatre stades.
Les trois tests à faire chez vous
Le test du doigt. Frottez très légèrement le dépôt. Le salpêtre se pulvérise instantanément en poudre sèche. La mérule résiste, elle s’étire, elle a la consistance d’un feutre humide.
Le test de l’odeur. Fermez la pièce quelques heures, puis entrez. Le salpêtre ne sent rien. La mérule dégage une odeur de champignon et de terre humide que l’on reconnaît une fois qu’on l’a sentie.
Le test du tournevis. Appuyez fermement la pointe sur le bois le plus proche du dépôt, plinthe, solive, bas de porte. Un bois sain résiste. Un bois qui s’enfonce, se détache par plaques ou se fend en petits cubes signe une pourriture, donc un champignon lignivore.
À ne pas faire : ne brossez pas à sec et ne passez pas l’aspirateur sur un dépôt suspect. Si c’est de la mérule, vous dispersez des spores dans toute la maison.
Et si les deux sont présents
C’est fréquent, et ce n’est pas une coïncidence. Le salpêtre est la preuve visible d’une humidité permanente dans la maçonnerie, exactement la condition dont la mérule a besoin pour s’installer.
Autrement dit, une cave qui salpêtre depuis des années est un terrain favorable. Le salpêtre n’appelle pas la mérule, mais il signale que la maison réunit les conditions. Si vous avez du salpêtre et du bois en contact avec ce mur, la vérification vaut le déplacement.
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Non, ce sont deux phénomènes sans lien de cause à effet. Mais le salpêtre signale une humidité permanente, qui est justement la condition nécessaire à l’installation de la mérule.
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Pas pour la structure. Il dégrade les enduits et les peintures, et il révèle une humidité de fond qui, elle, mérite d’être traitée. Le bois n’est pas attaqué.
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Il est sec au toucher même sur un mur humide, il crisse et se réduit en poudre, il n’a aucune odeur, et il dessine une bande horizontale au bas du mur qui marque la hauteur de la remontée capillaire.
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Ce n’est probablement pas du salpêtre, qui suit la remontée capillaire et reste en bas. Un feutrage blanc en hauteur, autour d’une fuite ou près d’une gouttière, oriente vers un champignon.
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Non, aucune obligation. Seule la mérule fait l’objet d’une déclaration obligatoire, au titre de l’article L126-5 du code de la construction et de l’habitation.
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Il dissout les cristaux en surface, donc l’effet est visible et immédiat, mais le salpêtre revient tant que la remontée capillaire n’est pas traitée. Sur la mérule, le vinaigre n’a aucun effet utile.
Cette page décrit des critères d’observation, elle ne remplace pas un diagnostic. Si le doute porte sur la mérule, coupez la source d’humidité, ne brossez rien, n’aspirez rien, et faites appel à un diagnostiqueur spécialisé dans les champignons lignivores. La déclaration en mairie est une obligation légale.