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Sur une photo, les deux sont orangés. Dans le sous-bois, à contre-jour, sous les aiguilles, la ressemblance suffit à faire des victimes. Et le prix de l’erreur n’est pas une soirée difficile : c’est une insuffisance rénale définitive.
La bonne nouvelle, c’est que le critère qui les sépare se vérifie en trois secondes, sans loupe, sans expérience.
| Critère | Girolle | Cortinaire couleur de rocou |
|---|---|---|
| Sous le chapeau | Plis épais, fourchus, descendant sur le pied | Lames minces, serrées, nettes |
| Couleur du dessous | Jaune d’œuf, comme le chapeau | Rouille, orangé sombre |
| Voile | Aucun | Cortine en toile d’araignée chez le jeune |
| Chair | Blanche, fibreuse | Jaunâtre à rousse |
| Odeur | Abricot, fruitée | Faible, un peu de radis |
| Comestibilité | Excellent | ☠️ Mortel, atteinte rénale |
Pourquoi cette confusion arrive
Les deux poussent dans les mêmes forêts, souvent à quelques mètres l’un de l’autre, sur les mêmes sols acides sous feuillus ou conifères. Les deux sont dans les tons orangés. Les deux sortent en même temps, de l’été à l’automne.
Le facteur aggravant est humain : la girolle est un champignon que l’on ramasse vite, en quantité, souvent en se baissant à peine. C’est précisément dans ce geste rapide que l’erreur se glisse.
Reconnaître une girolle
La girolle est jaune d’œuf uniforme, chapeau et pied compris. Sa forme évolue de bombée à profondément creusée en entonnoir, avec une marge irrégulièrement ondulée.
Sous le chapeau, elle n’a pas de lames mais des plis : des bourrelets épais, arrondis, souvent fourchus, qui descendent franchement sur le pied sans s’arrêter net. Sa chair est blanche et fibreuse, et elle sent l’abricot.
Reconnaître un cortinaire
Le cortinaire couleur de rocou a un chapeau roux orangé mat, sec et finement fibrilleux, souvent avec un léger mamelon. La différence de texture saute aux yeux quand on les compare côte à côte.
Dessous, ce sont de vraies lames : minces, serrées, régulières, s’arrêtant au pied. Leur couleur est rouille, jamais jaune d’œuf. Chez le jeune, un voile de fils fins comme une toile d’araignée relie le bord du chapeau au pied : c’est la cortine, qui donne son nom au genre. En vieillissant elle disparaît mais laisse sur le pied une zone teintée de rouille.
Le test des plis, en trois secondes

Retournez le champignon et passez le doigt dessous.
Chez la girolle, vous sentez des bourrelets épais et mous, largement espacés, qui semblent faire corps avec la chair. Ils ne se détachent pas, ils font partie du champignon. Si vous essayez d’en isoler un, il résiste.
Chez le cortinaire, vous sentez des lames franches, minces comme des lamelles de papier, serrées les unes contre les autres. On peut en détacher une avec l’ongle.
Ajoutez la couleur : jaune d’œuf contre rouille. Aucun cortinaire n’a le dessous jaune vif d’une girolle.
Pourquoi le cortinaire est si dangereux
Il contient de l’orellanine, une toxine qui détruit les reins. Elle résiste à la cuisson, au séchage et à la congélation, et elle n’a aucun goût.
Le piège est le délai. Rien ne se passe pendant plusieurs jours. Les premiers signes apparaissent entre le troisième et le vingtième jour : soif intense, bouche sèche, urines abondantes. Quand ils arrivent, plus personne ne pense aux champignons du week-end précédent, et les lésions rénales sont déjà installées.
Deux à dix chapeaux frais suffisent chez un adulte. L’atteinte devient chronique dans la moitié des cas, et les deux tiers des patients concernés finissent en dialyse ou en attente de greffe. Si vous pensez avoir mangé un cortinaire, appelez le 15 immédiatement, même sans le moindre symptôme.
Où et quand chacun pousse
La girolle sort de juin à novembre, sur les talus moussus, en lisière, dans les chemins creux, sous chênes, hêtres et conifères. Le cortinaire sort d’août à octobre, sur sols acides, souvent près des myrtilliers et des sphaignes, en particulier en moyenne montagne.
Leurs aires se recouvrent largement. Ne comptez jamais sur le lieu pour trancher, seulement sur le dessous du chapeau.
FAQ rapide
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Retournez le champignon. Plis épais et jaune d’œuf qui descendent sur le pied : girolle. Lames minces et couleur rouille : cortinaire, on laisse.
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Un voile de fils fins comme une toile d’araignée qui relie le bord du chapeau au pied chez les jeunes cortinaires. Devant ce caractère, on s’abstient toujours.
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Il détruit les reins de façon irréversible. Deux à dix chapeaux frais suffisent chez un adulte, et les deux tiers des cas graves finissent en dialyse ou en greffe.
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Entre 3 et 20 jours après le repas. C’est ce délai qui rend l’intoxication si redoutable : personne ne fait le lien.
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Non. L’orellanine résiste à la cuisson, au séchage et à la congélation.
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Appelez le 15 immédiatement, même sans symptôme. L’absence de signes les premiers jours ne signifie rien.
Ce comparatif décrit des critères, il ne remplace pas une identification. Faites vérifier votre récolte par un pharmacien formé à la mycologie ou par une société mycologique. En cas de troubles après un repas de champignons, et surtout s’ils apparaissent plus de six heures après, appelez le 15.