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L’Alsace cueille depuis longtemps et le vocabulaire le montre : ici la girolle s’appelle couramment Pfifferling. La région a aussi la particularité d’offrir trois terrains très différents sur une trentaine de kilomètres, ce qui permet d’étaler la saison sans faire beaucoup de route.
Les espèces alsaciennes
Cèpe de Bordeaux
Sous hêtres et sapins des Vosges gréseuses. Chapeau brun noisette, pied ventru à fin réseau blanc. Voir la fiche
Girolle
Le Pfifferling alsacien. Jaune d’œuf, plis épais et non des lames, en tapis sur les talus moussus. Voir la fiche
Chanterelle en tube
Pied jaune creux et chapeau brun en entonnoir, en troupes serrées sous les résineux jusqu’aux gelées. Voir la fiche
Trompette de la mort
Noire dans la litière des hêtraies vosgiennes, presque invisible tant qu’on n’en a pas repéré une. Voir la fiche
Morille
Au printemps, sur les collines sous-vosgiennes calcaires et dans les vergers. Toxique crue, à cuire longuement. Voir la fiche
Pied de mouton
Des aiguillons sous le chapeau au lieu de lames. Sans confusion dangereuse, robuste, il tient tard en saison. Voir la fiche
Trois terrains dans un seul massif
À l’ouest, les Vosges gréseuses. Le grès rose donne des sols acides et sableux, couverts de hêtres, de sapins pectinés et d’épicéas. C’est le domaine des cèpes, des girolles et des chanterelles, avec une saison qui démarre tôt en altitude et s’arrête net aux premières gelées.
Au pied du massif, les collines sous-vosgiennes calcaires, celles qui portent le vignoble. Terrain sec et chaud, très différent, où les morilles sortent au printemps sous les vieux vergers et dans les friches.
Enfin la plaine d’Alsace, sur loess et alluvions rhénanes, avec ses chênaies-charmaies et ses forêts alluviales du Rhin. Sols riches, humides, où la saison se prolonge plus tard qu’en montagne.

Où chercher
En montagne, visez les lisières et les clairières des hêtraies-sapinières entre 500 et 900 mètres, ainsi que les bords des chemins forestiers. La poussée suit une pluie de dix à quinze jours, à condition que les nuits restent douces.
En plaine, les forêts alluviales du Ried et les chênaies-charmaies gardent l’humidité et donnent des poussées tardives, parfois jusqu’en décembre.
Un point à connaître : de nombreuses forêts alsaciennes sont communales et la cueillette y est encadrée, avec des quotas et parfois des périodes d’interdiction. Renseignez-vous en mairie avant de partir, les règles changent d’une commune à l’autre.
Comme indiqué plus haut, les quotas alsaciens varient d’une commune à l’autre. Pour connaître le cadre général avant de téléphoner à votre mairie, le tableau des quantités et des sanctions est ici.
Les toxiques du massif
L’amanite phalloïde est commune sous les feuillus de plaine et de collines. Le réflexe qui protège reste de déterrer le pied entier pour vérifier la volve à la base.
Sous les résineux vosgiens, la vigilance porte sur les cortinaires, dont certains provoquent une atteinte rénale grave et retardée. Le clitocybe nébuleux, longtemps ramassé dans la région, figure aujourd’hui parmi les espèces déconseillées.
Le mémo à emporter
| Terrain | Sol | Arbres | Ce qui pousse |
|---|---|---|---|
| Vosges gréseuses | Acide et sableux | Hêtres, sapins, épicéas | Cèpes, girolles, chanterelles |
| Collines sous-vosgiennes | Calcaire, sec et chaud | Vergers, friches, chênes | Morilles au printemps |
| Plaine et Ried | Loess et alluvions | Chênes, charmes, aulnes | Poussées tardives, pieds de mouton |
Faire vérifier sa récolte
L’Alsace est bien dotée. La Société mycologique de Strasbourg et la Société mycologique du Haut-Rhin organisent des sorties, des séances de détermination et des expositions d’automne où l’on voit des dizaines d’espèces côte à côte. C’est de loin la meilleure façon d’apprendre.
Beaucoup de pharmaciens assurent aussi le contrôle des paniers pendant la saison. Appelez avant de vous déplacer, tous ne le pratiquent pas.
Le Jura voisin réunit lui aussi calcaire et sapinières, mais sans l’étage gréseux. En Auvergne, ce sont les basaltes qui remplacent le grès rose.
FAQ rapide
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C’est le nom alsacien de la girolle, encore couramment utilisé sur les marchés et dans les restaurants.
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Au printemps, sur les collines sous-vosgiennes calcaires, dans les vieux vergers et les friches. Pas dans les Vosges gréseuses, trop acides.
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Souvent oui. Beaucoup de forêts sont communales, avec des quotas et parfois des périodes d’interdiction. Les règles varient d’une commune à l’autre, renseignez-vous en mairie.
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De fin août à la fin octobre selon l’altitude. La saison s’arrête brutalement aux premières gelées en altitude, plus tard en plaine.
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Les cortinaires, dont certains provoquent une atteinte rénale grave qui se déclare plusieurs jours après le repas.
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Auprès de la Société mycologique de Strasbourg, de celle du Haut-Rhin, ou chez un pharmacien formé à la mycologie.
Cette page décrit des tendances régionales, elle ne remplace pas une identification. Faites vérifier votre récolte par un pharmacien formé à la mycologie ou par la société mycologique de votre département. En cas de troubles après un repas de champignons, et surtout s’ils apparaissent plus de six heures après, appelez le 15.