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Inocybe de Patouillard vs marasme des oréades : le rougissement qui alerte

Inocybes de Patouillard (Inocybe erubescens) au chapeau fibrilleux taché de rouge brique

Le marasme des oréades est le petit champignon des pelouses par excellence, celui qu’on ramasse en famille dans les ronds de sorcière. Le problème, c’est que ces mêmes pelouses accueillent d’autres petites espèces, dont une particulièrement redoutable : l’inocybe de Patouillard. Il est nettement moins connu que le clitocybe blanchi, et pourtant il est bien plus dangereux. Il présente heureusement un signal d’alarme visuel que l’on peut déclencher soi-même en quelques secondes.

CritèreMarasme des oréades (comestible)Inocybe de Patouillard (mortel)
FroissementNe change pas de couleurRougit nettement
ChapeauBeige fauve, lisse, à mamelonBlanc puis paille, fibrilleux et fendu
LamesCrème, épaisses, très espacéesBlanches puis brun olivâtre, serrées
PiedÉlastique, se tord sans casserFibreux et cassant
OdeurAmande, foin coupéFaible, spermatique et déplaisante

Comment reconnaître le marasme des oréades

Son chapeau beige à fauve clair, de 2 à 5 cm, porte un mamelon central arrondi bien visible et reste lisse, sans fibrilles ni fentes. Ses lames sont crème, épaisses et très espacées, échancrées, sans jamais descendre sur le pied.

Son pied est fin, coriace et surtout élastique : on peut le tordre plusieurs fois, il ne rompt pas. Sa chair reste de la même couleur quand on la froisse, et son odeur est agréable, d’amande ou de foin coupé.

Comment reconnaître l’inocybe de Patouillard

Son chapeau est d’abord blanc, puis paille, ocre et enfin rougeâtre, conique puis étalé, et surtout couvert de fibrilles radiales qui lui donnent un aspect soyeux strié. Avec l’âge, la marge se fend radialement, un caractère très typique du genre Inocybe que le marasme ne présente jamais.

Ses lames sont blanches puis brun olivâtre, serrées et fines. Son pied est blanc, fibreux et cassant. Le signe le plus utile est la coloration rouge : la chair, le pied et le chapeau rougissent nettement au froissement, à la coupe et avec l’âge. Son odeur est faible mais déplaisante.

Le test du rougissement

Prenez le champignon et froissez fermement le pied entre deux doigts, puis attendez une minute. Si des taches rouges ou rouge brique apparaissent, reposez-le et lavez-vous les mains. Le marasme, lui, ne change pas.

Ce test se combine avec les deux autres réflexes des pelouses : tordre le pied, qui doit être élastique, et regarder si les lames descendent sur le pied, ce qui signalerait un clitocybe. Trois gestes, une dizaine de secondes, et les trois principaux pièges des prairies sont écartés.

Les erreurs à éviter

La première est de croire que les pelouses sont sans danger. Elles abritent au moins trois espèces problématiques : le clitocybe blanchi, l’inocybe de Patouillard et diverses petites lépiotes.

La deuxième est de laisser les enfants ramasser dans un parc ou un jardin sans contrôle. L’inocybe de Patouillard pousse volontiers en milieu urbain, sous les tilleuls et les charmes des allées.

La troisième est de ne regarder que le chapeau. Un jeune inocybe encore blanc et non fendu peut passer pour un marasme pâle. Le froissement, lui, parle tout de suite. La quatrième est de trier au retour plutôt que sur place.

Où les trouve-t-on ?

Le marasme des oréades occupe les pelouses, prairies pâturées, talus et bords de chemins, en lignes et en cercles, d’août à novembre.

L’inocybe de Patouillard préfère les sols calcaires et se rencontre dans les parcs, les jardins, les allées et les lisières, souvent sous tilleuls, charmes et hêtres, du printemps à l’automne. Il apparaît plus tôt que la plupart des champignons de prairie, dès le mois de mai, ce qui surprend les cueilleurs.

L’astuce à retenir

Ça rougit quand on le froisse : on repose immédiatement.

Chapeau à mamelon, lames espacées, pied élastique : marasme, comestible.

Que risque-t-on ?

L’inocybe de Patouillard contient une concentration de muscarine parmi les plus élevées du monde fongique, très supérieure à celle de l’amanite tue-mouches. Il déclenche un syndrome muscarinien massif, en quinze minutes à deux heures : sueurs profuses, salivation, larmoiement, pupilles contractées, vision trouble, puis vomissements, diarrhées, chute de tension et ralentissement du cœur.

Contrairement au clitocybe blanchi, il a causé des décès, notamment chez des enfants et des personnes fragiles, par détresse respiratoire et collapsus. Un antidote existe, l’atropine, administré en urgence. Devant ces signes, appelez le 15 immédiatement et conservez un exemplaire du champignon.

FAQ rapide

  • Il peut l’être. Il contient une très forte concentration de muscarine et a causé des décès.
  • Sa chair rougit au froissement et son chapeau est fibrilleux et souvent fendu sur les bords.
  • Oui, dans les parcs, les jardins et les bords de chemins, y compris en ville, ce qui explique les accidents chez les enfants.

Tout petit champignon de pelouse dont la chair rougit au froissement doit être écarté immédiatement. L’inocybe de Patouillard est l’un des champignons les plus riches en muscarine d’Europe, et il pousse dans les parcs urbains.